FRANCK SEGUIN

Photographe


La première fois où j’ai rencontré Loïc , il avait un bébé blond accroché à son cou, son fils Noé. J''ai appris plus tard qu''il était accompagné de Val, sa femme et d’Inès sa fille. Par la suite c’est toujours de cette manière que je le verrai : en famille.
Plusieurs mois auparavant, je l’avais appelé pour lui proposer de travailler avec lui. L’apnée et les apnéistes m’intriguaient beaucoup, surtout que je venais de faire quelques images avec Umberto Pelizzari (autre grand nom de l’apnée) pour le club med. Loïc était étonnant à plus d’un titre : c’était un apnéiste profond, un no-limit. Ayant lu son bouquin, je trouvais drôlement courageux de sa part d’oser se mettre à « nu » de la sorte. Mais ce fut une réponse négative car il collaborait avec un autre photographe et « je suis fidèle à mes collaborateurs », me dit-il. Entre-temps, j’ai pris contact avec Pierre Frolla, free diver de renom et c’est avec lui que je rentrai de plein pied dans le bleu de ces hommes avec un sujet photo en noir et blanc.

Mais ce jour-là, c’était bien avec Loïc que j’avais rendez-vous, pour lui montrer mon book et lui exposer mon projet. Il était libre maintenant de tout engagement et nous pouvions commencer à travailler ensemble. Trois mois plus tard, j’étais donc à Nice, nous entamions alors une collaboration riche d’images mais aussi d’une belle amitié qui allait durer 4 ans.
Cette relation avait ceci de particulier qu’au-delà des affinités naturelles que nous nous sommes découvert, nous étions tous les deux originaires de Dunkerque, nés dans la même clinique Villette de Malo-les-bains et pour plaisanter on prétendait que nous avions eu la même chambre à ceci près que j’avais 10 ans de plus que lui !
Avec Loïc, nous avons innové pas mal en matière de photo d’apnée, je pense que nous étions parmi les premiers sinon les premiers à travailler avec du matériel numérique sous l’eau, sans flash, en liberté. Je venais avec des mini scénario, on prenait le bateau, direction le large, parfois avec Val, son épouse, et nous réalisions les images que je lui avais soumis sous forme de croquis. Idem, lors de ses tentatives de record j’étais le seul photographe autorisé sous l’eau pour avoir l’exclusivité de sa performance. Il ne faisait des photos qu’avec moi et il était le seul apnéiste que je photographiais. Je suis devenu une sorte de « photobiographe » de ses exploits.
Dès lors, nous avons noirci un nombre considérable de pages de magazines français et étrangers. Nous formions un duo photographe/athlète très prolifique basé sur la confiance, le respect et l’amitié ! Il n’hésitait pas à se confier lors de conversations plus intimes me racontant les difficultés de sa vie passée et présente, il était comme ça, entier et franc sans hypocrisie ni faux semblant, simplement naturel et honnête. Nous avions de nombreux projets de reportages mais aussi d’édition qui ne verrons maintenant sans doute jamais le jour mais des images existent. Ce chef de file de l’apnée et l’ami ne sont plus, mais son empreinte est là à jamais…



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